À Chartres, une PME de l’Eure-et-Loir fait le chemin inverse de celui qu’ont emprunté tant d’industriels depuis trente ans. Prodex, fabricant de joints et de profilés en élastomère, construit un nouveau bâtiment de 4 300 m² qui doit accueillir l’activité de sa seconde usine, aujourd’hui installée à Istanbul. Une relocalisation à taille humaine, mais révélatrice de ce qui pousse aujourd’hui des industriels à revenir produire en France.
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Une PME de 28 salariés qui rapatrie sa production turque #
Selon Le28.tv, Prodex a été fondée en 1998 et reprise en 2017 par son PDG actuel, Cyril Mérand. L’entreprise emploie 28 salariés et exporte 20 % de sa production. Son métier : l’extrusion de joints et de profilés en caoutchouc, ces pièces discrètes qu’on retrouve dans le bâtiment, les menuiseries ou l’équipement industriel, et dont dépendent l’étanchéité et la durabilité de nombreux ouvrages.
Jusqu’ici, une partie de la fabrication était assurée sur un second site, à Istanbul. Le nouveau bâtiment chartrain doit permettre de transférer cette activité en France. Le média spécialisé Batiactu confirme que le site a deux objectifs : accroître les capacités de production du fabricant et relocaliser une partie de sa fabrication.
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Six emplois directs, un effectif en hausse de plus de 20 %
Le projet doit créer six emplois directs, soit une progression de plus de 20 % des effectifs, toujours d’après Le28.tv. À l’échelle d’un grand groupe, le chiffre paraîtrait modeste. À celle d’une PME de moins de trente personnes, c’est un changement de dimension. Le chantier a démarré à la mi-juin et la livraison du bâtiment est annoncée pour le printemps 2027.
Le PDG résume la logique du projet en une phrase rapportée par Le28.tv : « C’est un choix industriel important pour PRODEX pour servir plus rapidement les clients ». Tout est dit, ou presque : la relocalisation n’est pas ici un geste symbolique, mais un calcul de réactivité.
Pourquoi revenir produire en France #
Produire à l’autre bout de l’Europe a longtemps semblé rationnel pour des pièces techniques à faible valeur unitaire. Mais la donne a changé. Les délais de transport, la volatilité des coûts logistiques et l’exigence croissante des clients sur les délais de livraison pèsent de plus en plus lourd. Pour un fabricant de joints, être capable de livrer vite une série spécifique à un client du bâtiment peut faire la différence face à un concurrent.
Le choix de Chartres n’est pas anodin non plus. L’Eure-et-Loir, voisin de l’Île-de-France, offre un accès rapide à un large bassin de clients. Un site unique, regroupé, simplifie aussi la gestion de la qualité et des stocks.
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Une usine pensée pour l’électricité
L’autre argument du projet est environnemental. D’après Le28.tv, le procédé industriel du nouveau site fonctionnera uniquement à l’électricité. Des panneaux photovoltaïques installés sur les toitures par le Groupe IDEC ENR Solar doivent couvrir une partie des besoins, avec un objectif de 75 % d’autoconsommation de l’électricité produite sur place.
L’entreprise met également en avant des matières 100 % recyclables et le développement d’une boucle de recyclage pour récupérer les chutes de ses clients. Pour une industrie du caoutchouc souvent associée aux déchets difficiles à valoriser, l’engagement mérite d’être suivi dans la durée.
Ce que dit ce dossier de la relocalisation en France #
Le cas Prodex illustre une tendance qu’on observe régulièrement dans les régions : la relocalisation ne passe pas toujours par des gigafactories ou des annonces à plusieurs centaines de millions d’euros. Elle se joue aussi dans des PME familiales ou reprises par un dirigeant, qui arbitrent entre un site à l’étranger et un nouvel atelier en France.
Ces projets cumulent plusieurs leviers : un bâtiment neuf plus efficace, une énergie produite en partie sur place, un recrutement local et une promesse de délais raccourcis pour les clients. Ils montrent aussi qu’une relocalisation se prépare sur plusieurs années, entre la décision, le chantier et la montée en cadence de la production.
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Les points à surveiller
Reste à voir comment se fera la transition. Le transfert d’une ligne d’extrusion d’un pays à l’autre implique de former les nouvelles recrues, de requalifier les produits auprès des clients et d’assurer la continuité des livraisons pendant le déménagement. La date de livraison du bâtiment, au printemps 2027, marquera le début de cette phase délicate.
Si le pari est tenu, Prodex rejoindra la liste des industriels qui ont fait le choix de produire au plus près de leurs clients. Et rappellera qu’une usine française, même modeste, peut devenir un argument commercial à part entière.




