Framatome rapatrie à Montbard la fabrication des barres anti-vibratoires des générateurs de vapeur

Le vendredi 30 octobre, l’usine Framatome de Montbard, en Côte-d’Or, a inauguré un atelier entièrement consacré à la fabrication de barres anti-vibratoires. Le nom ne dit pas grand-chose au grand public. Pourtant, ces pièces métalliques sont au cœur des générateurs de vapeur des réacteurs nucléaires, et leur production passe désormais par un site industriel bourguignon plutôt que par un fournisseur extérieur.

L’information a été rapportée par Le Bien Public, présent lors de l’inauguration, et par L’Usine Nouvelle, qui parle d’un procédé stratégique désormais internalisé par le groupe.

Une pièce discrète au rôle décisif #

Dans un générateur de vapeur, des milliers de tubes fins transportent l’eau chauffée par le cœur du réacteur. La chaleur traverse leurs parois et transforme en vapeur l’eau du circuit secondaire, celle qui fera tourner la turbine. Ces tubes vivent dans un environnement agité : le flux d’eau et de vapeur les fait vibrer en permanence. Sans maintien, ils frotteraient les uns contre les autres ou contre leurs supports, et finiraient par s’user.

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C’est précisément le rôle des barres anti-vibratoires, glissées entre les rangées de tubes dans la partie haute du faisceau. Grégoire Ponchon, président-directeur général de Framatome, les a résumées ainsi lors de l’inauguration, selon Le Bien Public : des composants « probablement peu connus du grand public, mais absolument essentiels au fonctionnement des réacteurs nucléaires. Installées au sein des générateurs de vapeur, les barres anti-vibratoires contribuent à protéger les tubes de l’usure et à garantir leur tenue dans le temps. Elles participent directement à la sûreté, à la fiabilité et à la performance des installations nucléaires ».

Autrement dit, la durée de vie d’un générateur de vapeur dépend en partie de ces barres. Un tube usé doit être bouché, et quand trop de tubes le sont, c’est tout l’équipement qu’il faut remplacer, une opération lourde qui immobilise un réacteur pendant de longues semaines.

Internaliser plutôt qu’acheter #

Le choix de Framatome relève d’une logique que l’on retrouve dans de nombreuses filières sensibles : reprendre la main sur une étape jugée critique. Le Journal du Centre, dans sa revue de l’actualité de Montbard, résume la décision : le site va désormais produire lui-même ces barres, un procédé stratégique pour la protection des tubes.

Pour un industriel du nucléaire, maîtriser chaque composant d’un équipement aussi exigeant présente plusieurs avantages. La qualité se contrôle de bout en bout, dans les mêmes ateliers et avec les mêmes équipes. Les délais ne dépendent plus d’un sous-traitant dont le carnet de commandes peut se remplir ailleurs. Et le savoir-faire reste dans l’entreprise, ce qui compte dans un secteur où les compétences rares se transmettent lentement.

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Montbard, un site déjà tourné vers les générateurs de vapeur

Le choix de Montbard n’a rien d’un hasard. L’usine métallurgique de la ville est spécialisée dans les tubes destinés aux générateurs de vapeur, justement ceux que les barres anti-vibratoires sont chargées de protéger. Regrouper sur un même site le tube et la pièce qui le maintient, c’est rapprocher deux métiers complémentaires et faciliter les échanges entre les équipes qui conçoivent, fabriquent et contrôlent.

Le Bien Public souligne que cette nouvelle étape permet de créer de l’emploi et de renforcer la place de Montbard dans la chaîne d’approvisionnement nucléaire mondiale. Pour une ville moyenne de Haute Côte-d’Or, l’ancrage d’une activité industrielle de cette nature est un signal fort, d’autant que les compétences demandées, en métallurgie, usinage et contrôle non destructif, sont recherchées bien au-delà du seul nucléaire.

Un mouvement plus large dans la filière #

L’inauguration de Montbard s’inscrit dans un contexte de relance du nucléaire en France, avec les projets de nouveaux réacteurs et le prolongement du parc existant. Ces deux chantiers réclament des générateurs de vapeur neufs ou de remplacement, et donc des tubes et des barres anti-vibratoires en quantité, avec un niveau d’exigence qui ne laisse aucune place à l’approximation.

Dans ce paysage, la capacité à produire en France chaque maillon d’un équipement critique devient un argument industriel autant que politique. On l’a vu ces dernières années avec les forgés lourds, les pompes ou les systèmes de contrôle-commande : la filière cherche à sécuriser ses approvisionnements plutôt qu’à dépendre de quelques fournisseurs, parfois lointains.

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Ce que l’on retiendra

Un atelier de barres anti-vibratoires ne fera jamais la une comme une gigafactory de batteries. Mais ce type d’investissement, discret et très technique, raconte bien la réalité de la réindustrialisation : des sites existants qui récupèrent des étapes de fabrication, des savoir-faire que l’on consolide sur le territoire et des emplois qualifiés qui restent dans une ville moyenne.

À Montbard, le tube et la barre qui le protège sont désormais fabriqués sur le même site. Pour la filière nucléaire française, cela fait un composant critique de plus maîtrisé en interne.

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