À Lillers, près de Béthune, un ancien entrepôt logistique de Lidl est devenu une usine automobile. Minth Electricity Technology l’a inaugurée le vendredi 23 octobre 2026. Le site doit fabriquer de grandes pièces plastiques pour les véhicules électriques de Renault, et viser 170 salariés d’ici 2028. Un projet bouclé plus vite que prévu, qui illustre comment la filière électrique s’organise autour des usines Renault du nord de la France.
Plan de l'article
- Une coentreprise entre Minth et la branche électrique de Renault
- Un entrepôt Lidl reconverti en atelier d’injection
- Sept mois de chantier au lieu de douze
- 60 recrutements d’ici fin 2026, 170 salariés en 2028
- Un marché tourné vers le nord de l’Europe
- Ce que ce projet dit de la filière électrique en France
Une coentreprise entre Minth et la branche électrique de Renault #
Derrière le nom de Minth Electricity Technology se trouve une coentreprise. D’un côté, le groupe chinois Minth, équipementier automobile. De l’autre, Ampere, la branche de Renault dédiée aux véhicules électriques. C’est ce que détaille Horizon Actu, qui a assisté à l’inauguration.
Le client est tout trouvé : les pièces sortiront pour des véhicules Renault. Pour le constructeur, avoir un fournisseur de grosses pièces plastiques à proximité réduit les transports et sécurise l’approvisionnement.
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Minth n’en est pas à son premier pas dans la région. Le groupe exploite déjà un site à Ruitz, à quelques kilomètres, où il fabrique des carters de batteries. L’Usine Nouvelle présente Lillers comme son deuxième site de production en France, ouvert avec l’appui de Renault.
Un entrepôt Lidl reconverti en atelier d’injection #
Plutôt que de construire sur un terrain neuf, Minth a repris un bâtiment existant : un ancien entrepôt logistique de Lidl de 22 852 m². Reconvertir une friche logistique en site de production permet de gagner du temps sur les travaux et d’éviter d’artificialiser de nouveaux terrains.
À l’intérieur, l’usine réunit trois métiers : l’injection plastique, la peinture et l’assemblage. Selon Horizon Actu, le parc compte huit presses à injecter, dont certaines atteignent une force de fermeture de 3 300 tonnes. C’est ce type de machine qu’il faut pour mouler d’une seule pièce des éléments de grande taille.
Des pare-chocs, des boucliers et des becquets
Le site produira des pièces de carrosserie en plastique : pare-chocs, boucliers et becquets. Ces éléments sont volumineux, ce qui rend leur transport sur de longues distances coûteux. Les fabriquer près des chaînes d’assemblage a donc un vrai sens industriel.
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Sept mois de chantier au lieu de douze #
La rapidité du projet a été soulignée lors de l’inauguration. D’après Horizon Actu, l’usine a été annoncée en janvier 2026 et réalisée en sept mois, alors que douze étaient prévus au départ. L’Usine Nouvelle évoque elle aussi une livraison avec plusieurs mois d’avance sur le calendrier initial.
L’inauguration ne signifie pas pour autant que la production en série a démarré. Les premiers projets industriels sont attendus en février 2027, selon Horizon Actu. D’ici là, les équipes se forment et les lignes montent en cadence.
60 recrutements d’ici fin 2026, 170 salariés en 2028 #
Pour le bassin de Béthune, l’enjeu principal reste l’emploi. Minth prévoit 60 recrutements d’ici la fin de l’année 2026, puis un effectif de 170 salariés à l’horizon 2028.
Les profils recherchés sont variés : opérateurs de production, techniciens, ingénieurs, spécialistes de la logistique, mais aussi des fonctions administratives comme les ressources humaines et la finance.
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Le responsable de production, Laurent Nourry, a rejoint l’entreprise quelques semaines avant l’inauguration. Interrogé par Horizon Actu, il résume son choix d’un mot : « Le challenge m’a bien plu. »
Un marché tourné vers le nord de l’Europe #
L’implantation à Lillers n’a rien d’un hasard. Le site est proche de la Belgique et du Royaume-Uni, deux marchés automobiles importants. Selon Horizon Actu, le groupe estime à environ un million le nombre de véhicules produits dans cette zone et vise jusqu’à 30 % de part de marché.
L’inauguration a réuni le maire de Lillers, des représentants de la Région Hauts-de-France et de l’agglomération Béthune-Bruay Artois Lys Romane, le sous-préfet, ainsi que la direction de Minth.
Ce que ce projet dit de la filière électrique en France #
Le cas de Lillers montre une tendance de fond : les constructeurs veulent des fournisseurs installés au plus près de leurs usines. Pour la voiture électrique, où chaque euro de coût compte, la proximité devient un argument décisif.
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Il pose aussi une question que la région connaît bien : celle de la place des capitaux étrangers, et notamment chinois, dans l’industrie automobile française. Ici, le choix d’une coentreprise avec Ampere permet à Renault de garder la main sur une partie de sa chaîne d’approvisionnement, tout en profitant du savoir-faire d’un équipementier spécialisé.
Prochaine étape à suivre : le démarrage de la production en série début 2027, qui dira si l’usine tient ses promesses en volume comme en emplois.




