On parle souvent des gigafactories et des grands sites qui emploient des milliers de personnes. Le tissu industriel français, c’est aussi des ateliers très spécialisés, avec une poignée de salariés, qui vendent un savoir-faire rare dans le monde entier. BAT Graphics, à Limoges, en est un bon exemple. Cette petite entreprise de Haute-Vienne fabrique des rouleaux pour l’impression d’emballages et vient d’annoncer qu’elle allait doubler sa surface de production.
Plan de l'article
Un nouveau bâtiment et 4 millions d’euros d’investissement #
Selon L’Usine Nouvelle, BAT Graphics va construire un nouveau bâtiment à Limoges pour doubler sa surface de production. L’investissement est d’environ 4 millions d’euros. Le site actuel fait 1 200 m², et l’entreprise compte neuf salariés.
Ce n’est pas seulement une question de mètres carrés. Le projet prévoit d’ajouter trois lasers aux quatre déjà en service, ainsi que trois bancs plasma et une huitième rectifieuse. Autrement dit, l’entreprise ne fait pas qu’agrandir ses murs : elle augmente nettement sa capacité de fabrication. Les Échos ont aussi relayé le projet, sous le titre « BAT Graphics construit une nouvelle usine à Limoges ».
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L’anilox, une pièce discrète mais essentielle #
Le métier de BAT Graphics est peu connu du grand public. Sur son site officiel, l’entreprise dit concevoir et produire une large gamme de rouleaux anilox et de manchons en céramique, gravés au laser. Elle présente le site de Limoges, au Technopôle Ester, comme son usine unique en France.
À quoi sert un anilox ? C’est le cylindre qui dose l’encre dans une machine d’impression flexographique, le procédé le plus utilisé pour imprimer les emballages : cartons, sachets, étiquettes, films plastiques. Sa surface est couverte de millions de minuscules alvéoles. Leur forme et leur profondeur déterminent la quantité d’encre déposée sur le support. Si la gravure est irrégulière, l’impression l’est aussi : couleurs qui varient, aplats qui manquent de densité, textes qui bavent.
Pour graver ces alvéoles, on dépose d’abord une couche de céramique sur le cylindre, souvent par projection plasma. On la rectifie ensuite pour obtenir une surface parfaitement régulière, puis on la grave au laser. C’est ce qui explique les équipements annoncés dans le projet : lasers, bancs plasma et rectifieuses sont précisément les trois étapes clés de la fabrication.
Une croissance tirée par l’export #
L’Usine Nouvelle souligne dans son titre que les rouleaux de l’entreprise « ont du succès à l’export ». C’est un point important. Sur ce type de produit très technique, le marché français seul ne suffit pas à faire vivre une usine. Les imprimeurs d’emballages sont présents partout dans le monde, et ils cherchent des fournisseurs capables de livrer une gravure précise et constante, ainsi qu’un service de regravure quand les rouleaux s’usent.
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Pour une PME de neuf personnes, investir 4 millions d’euros dans un nouveau bâtiment est un pari fort. Il montre que l’entreprise a des commandes, et qu’elle préfère produire davantage à Limoges plutôt que de sous-traiter ou de produire ailleurs.
Une entreprise ancrée à Limoges depuis 1995 #
BAT Graphics a été fondée en 1995 sur la technopole d’Ester, à Limoges. Son site officiel parle de plus de 25 ans d’expertise. La presse professionnelle de l’emballage a raconté son évolution : Packaround indiquait que la reprise par David Michel-Moulu avait suivi le départ de Thierry Bachkine en février 2020. Depuis, l’entreprise s’appuie aussi sur la marque Vernitech, qui apparaît à côté de son nom sur son site.
Le Limousin n’est pas la première région à laquelle on pense pour l’industrie de l’emballage. Pourtant, la région a une vraie tradition de savoir-faire dans les matériaux techniques, de la porcelaine aux céramiques industrielles. Une entreprise qui maîtrise le dépôt et la gravure de céramique y trouve un environnement cohérent, avec des compétences proches et des écoles d’ingénieurs à proximité.
Ce que ce projet dit du made in France industriel #
Ce projet rappelle une réalité : le made in France industriel ne se résume pas aux produits de consommation qui portent un drapeau tricolore sur l’étiquette. Une grande partie de la valeur est dans les biens intermédiaires, ces pièces et ces outils que personne ne voit mais sans lesquels les usines de nos clients ne tourneraient pas. Le carton de vos céréales ou l’étiquette de votre bouteille a peut-être été imprimé avec un anilox gravé à Limoges.
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Ce sont aussi ces entreprises de niche qui créent les emplois les plus qualifiés à l’échelle locale : opérateurs laser, techniciens de rectification, spécialistes des traitements de surface. Un doublement de la surface de production laisse attendre des recrutements, même si l’entreprise n’a pas encore donné de chiffre à ce sujet dans les articles publiés.
Nous suivrons l’avancement du chantier et la mise en service des nouveaux équipements. Pour une PME de cette taille, c’est un changement d’échelle à surveiller.




