Safran pose à Tarnos la première pierre de Fusion, sa future usine de pièces neuves pour moteurs d’hélicoptères

Dans les Landes, Safran Helicopter Engines a posé le 3 novembre la première pierre de « Fusion », un nouveau bâtiment de production sur son site de Tarnos, au nord de Bayonne. L’ouvrage doit regrouper à partir de 2028 la fabrication de pièces neuves pour moteurs d’hélicoptères, aujourd’hui répartie dans des bâtiments qui datent des débuts de Turbomeca, en 1965.

Un bâtiment de 13 000 m² pour les pièces neuves #

Selon Les Annonces Landaises, qui ont assisté à la cérémonie, le futur bâtiment couvrira 13 000 m². Safran y consacre 36 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 4 millions d’euros de machines neuves. La construction est confiée à GSE, avec une livraison prévue début 2028.

Le chantier n’est pas une simple extension. Fusion doit remplacer des ateliers construits à l’origine du site et accueillir le transfert de 150 moyens de production. Il concerne 370 salariés : tourneurs-fraiseurs, rectifieurs, contrôleurs 3D et acheteurs. Une trentaine d’embauches sont annoncées.

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Ce qui sortira des ateliers

Le bâtiment produira des pièces statiques destinées aux moteurs neufs : aubes de pré-rotation, redresseurs, diffuseurs, ainsi que des roues de turbine. Ce sont des pièces d’usinage de précision, au cœur de la chaîne de valeur d’un turbomoteur, où la maîtrise des alliages et des tolérances fait la différence.

Cédric Goubet, président de Safran Helicopter Engines, a résumé l’esprit du projet devant les invités : « Fusion, c’est un hommage à ce que nous sommes : des métallurgistes. » Le nom renvoie à ce métier de base, celui du métal fondu, usiné et contrôlé, qui reste la colonne vertébrale du motoriste.

Tarnos, un site connu surtout pour la réparation #

Le choix est intéressant parce que Tarnos est d’abord identifié comme un site de soutien et de réparation. Il intervient sur les moteurs des flottes civiles de secours, de protection et de surveillance. Il y a six ans, le groupe y avait déjà inauguré le campus industriel CAP 2020.

D’après le communiqué repris par Helicopters Magazine en février 2020, ce campus avait représenté un investissement de 50 millions d’euros pour trois bâtiments totalisant 33 000 m². Il y avait un atelier de 8 500 m² pour la réparation des pièces et composants, un autre de 14 500 m² pour la réparation des moteurs en service et un immeuble de bureaux de 10 000 m² consacré au support mondial. Tarnos, qui comptait alors 1 550 salariés, était présenté comme le deuxième site de Safran Helicopter Engines et le centre de son réseau mondial de support.

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Avec Fusion, la production de pièces neuves prend à son tour un outil moderne. Le site landais garde ainsi deux métiers complémentaires : fabriquer les pièces des moteurs qui sortent d’usine et réparer ceux qui volent déjà.

Pourquoi reconstruire plutôt que rénover #

Les ateliers qui seront remplacés datent de la naissance du site, il y a plus de soixante ans. Ils ont été pensés pour d’autres machines, d’autres flux et d’autres exigences énergétiques. Regrouper 150 moyens de production dans un bâtiment neuf permet de repenser l’implantation des machines, la circulation des pièces entre usinage et contrôle, et les conditions de travail des équipes.

Ce type d’opération se multiplie dans l’aéronautique française. Les motoristes et équipementiers doivent suivre une demande soutenue tout en modernisant des parcs industriels souvent anciens. Plutôt que d’ouvrir un site ailleurs, Safran choisit de réinvestir là où se trouvent déjà les compétences. Dans des métiers comme la rectification ou le contrôle dimensionnel, ces savoir-faire prennent des années à se constituer.

Un ancrage territorial qui se confirme

Pour le bassin de l’Adour, l’enjeu dépasse le seul bâtiment. Conserver et moderniser la fabrication de pièces neuves à Tarnos, c’est garder en France des métiers d’usinage qualifiés. C’est aussi entretenir le tissu de sous-traitants et de centres de formation qui gravite autour du site, et offrir des débouchés aux jeunes formés aux métiers de la production mécanique.

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La trentaine de recrutements annoncés reste modeste à l’échelle du site, mais l’essentiel est ailleurs. Les 370 emplois concernés par le transfert gagnent un outil de production conçu pour durer plusieurs décennies, à un moment où la question de l’âge des usines françaises revient régulièrement dans le débat sur la réindustrialisation.

Les prochaines étapes #

Le gros œuvre doit maintenant s’enchaîner jusqu’à la livraison prévue début 2028. Viendra ensuite le transfert des 150 moyens de production et la mise en service des 4 millions d’euros de machines neuves. Le calendrier de déménagement, atelier par atelier, n’a pas été détaillé publiquement. Sur un site qui doit continuer à livrer pendant les travaux, ce sera l’un des points à suivre.

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